Le vendredi 9 octobre 2026, une cinquantaine de personnes ont rejoint la vingtaine de co-chercheur.euse.s du projet ArchiSols à USquare (Ixelles), à l’occasion de l’évènement de clôture du projet de recherche. Cette journée d’échanges a permis de présenter les principaux résultats de la recherche, de partager les expériences de terrain des partenaires et d’ouvrir la réflexion sur les perspectives futures en matière de gestion des sols et de valorisation des archives environnementales.
La journée comportait deux sessions (voir programme en fin d’article) :
- La première session, en fin de matinée, consistait en une présentation succincte des résultats par Stéphane Demeter et Marie Tielemans, à destination d’un public plutôt institutionnel.
- La seconde session, l’après-midi, comportait des présentations plus approfondies par plusieurs co-chercheur.euse.s, ainsi qu’une table-ronde avec un panel de 4 expert.e.s issus de secteurs différents. Le public était constitué de chercheur.euse.s, d’archivistes, de responsables d’administrations régionales ou de communes, de bureaux d’études, de citoyen.ne.s ayant participé au projet et d’étudiant.e.s en architecture.
Les différentes interventions ont permis d’aborder le sujet sous plusieurs angles, résumés ci-dessous, qui ont donné lieu à des questions et échanges très enrichissants avec le public. La compilation des slides présentées durant la journée est visionnable et téléchargeable à la fin de cet article.



Paysage historique des établissements classés
La première présentation, par Arnaud Péters, est revenue sur l’évolution de la législation relative aux établissements incommodes, insalubres et dangereux, ainsi que sur l’exploitation d’une source archivistique encore largement méconnue : les registres d’arrêtés de la Députation permanente du Conseil provincial de Brabant. Ces recherches ont permis de mieux comprendre et documenter l’histoire industrielle bruxelloise.
Archives et inventaire de l’état du sol
Marie Tielemans a ensuite présenté l’analyse menée sur la constitution documentaire de l’Inventaire de l’État du sol, un outil aujourd’hui essentiel dans la gestion de la pollution des sols à Bruxelles, mais qui ne couvre que 20% des parcelles du territoire. Elle a également démontré les apports potentiels de « nouvelles » données historiques telles que les registres d’arrêtés susmentionnés, ainsi que la possibilité de géolocalisation fine des activités historiques via le cadastre.
Le point de vue des experts du sol
Les experts en pollution du sol OIivier Ska et Jérémie Duchâtelet ont partagé leur expérience quant à l’utilisation des données historiques dans les études de sol, ainsi que les défis qu’ils rencontrent pour la caractérisation des risques liés aux activités industrielles anciennes. L’intérêt des données historiques pour l’identification des sols sains a également été développé, sur base d’une étude de site.
Cartographier l’histoire des sols
Un de nos co-chercheurs de l’ULB, Alexandre Bossard, a présenté les outils développés dans le cadre du projet pour géolocaliser les archives, reconstituer les mouvements historiques de terres ainsi que pour permettre l’encodage et la visualisation des activités à risque anciennes sur une plateforme cartographique intégrée (dont le prototype est accessible hier). Ces développements contribuent à rendre les données historiques plus accessibles et exploitables par les administrations, les chercheur.euse.s et les citoyen.ne.s.
Les communes au cœur du projet
Nos co-chercheur.euse.s des administrations communales partenaires d’Anderlecht (Karim Boulmaïz), de Woluwe-Saint-Lambert (Mathilde Samri) et d’Uccle (Mathieu Roeges) ont partagé leurs retours d’expérience. Ces témoignages ont mis en lumière l’intérêt des données historiques pour la gestion du territoire local, ainsi que l’importance de la préservation et valorisation des archives communales.
Faire parler les sols… et les habitants
L’après-midi a également donné la parole à Lionel Vanvelthem et Dawinka Laureys de l’IHOES, ainsi que la généalogiste Marie Cappart, ayant travaillé sur la mémoire orale. Les collectes réalisées auprès d’habitant.e.s des communes partenaires ont révélé l’intérêt des témoignages citoyens pour documenter certaines activités anciennes, compléter les archives existantes et enrichir la compréhension des territoires étudiés.
Une table ronde pour envisager l’après-ArchiSols
L’événement s’est clôturé par une table ronde réunissant des représentant.e.s du monde académique (Ine Wouters – VUB), associatif (Marion Alecian – ARAU), administratif (Davy Fiankan – hub.brussels) et privé (Louis Vandebroek – Aries Soil). Les échanges ont porté sur les défis futurs de la gestion des sols, la place des archives dans les politiques publiques et les possibilités de pérennisation des méthodes développées durant le projet.

Une aventure collective
Pendant près de 4 ans, ArchiSols a rassemblé chercheurs, archivistes, administrations publiques, experts en pollution des sols, acteurs associatifs et citoyens autour d’un objectif commun : mieux comprendre l’histoire des sols bruxellois afin d’améliorer leur gestion actuelle et future. En croisant archives administratives, données cadastrales, témoignages citoyens et outils géomatiques innovants, le projet a démontré l’importance des savoirs historiques pour identifier les risques environnementaux, documenter les anciens usages des territoires et éclairer les décisions d’aménagement d’aujourd’hui.

RESSOURCES
Programme de la journée :
Présentations :


