Le site dit « Îles d’Or » est une zone verte située avenue des Îles d’Or à Woluwe-Saint-Lambert. D’une superficie d’environ 8.000 m², il s’étend en intérieur d’îlot vers la rue Vervloesem à l’ouest, et vers la chaussée de Roodebeek au nord. Il est constitué de 5 parcelles cadastrales, dont une partiellement bâtie, qui sont toutes des propriétés communales.

CHOIX DU SITE
Ce site fait partie des sites proposés à l’étude par la commune pour le projet ArchiSols. Ce dernier présente un triple intérêt pour notre recherche :
- Il va prochainement être réaménagé sous forme de parc public.
- Ceci offre l’opportunité de prendre en compte le passé des sols, et donc leur qualité, dans les décisions relatives aux types de zones ou d’aménagements prévus, leur implantation, leur accessibilité, etc. L’objectif étant de dédier « le bon sol au bon usage ».

- La majorité de sa superficie est classée comme site patrimonial (« Site semi-naturel de l’Ancienne ferme Hof ter Cauwerschueren et du lit du Roodebeek »).
- Ce classement permet d’initier des discussions avec la Direction du Patrimoine Culturel d’urban.brussels, notamment au regard du caractère patrimonial des sols, en tant que témoins d’activités humaines anciennes.

- Le site semble avoir été préservé de toute urbanisation, selon les cartes anciennes et photographies aériennes consultables en ligne (BruGIS).
- Méthodologiquement, ceci est intéressant étant donné qu’on est à l’inverse des « soupçons » de pollution que nous connaissons sur la plupart de nos autres sites d’étude. Il s’agit ici d’expérimenter l’apport de l’histoire pour identifier des terres potentiellement saines, permettant d’y affecter des fonctions sensibles à la qualité du sol (petite enfance, biodiversité, etc.).
- En outre, cela permet de tester la méthodologie de l’Indice de la Qualité des Sols Bruxellois (IQSB), un outil récent d’évaluation de la qualité du sol développé par Bruxelles Environnement, au regard des objectifs d’ArchiSols (maximisation du recours aux données historiques).




Comme l’indiquent les descriptions ci-dessus, les photos aériennes et cartes anciennes sont une source précieuse d’information pour ce genre de site non-bâti, puisque les archives administratives se réfèrent plutôt à des activités économiques au sein de parcelles bâties (permis d’exploitation, etc.).
Les archives du cadastre, cependant, renseignent de manière systématique l’évolution du patrimoine et donc également l’affectation du sol.
En outre, pour les sites en friche pouvant avoir accueilli des activités informelles ou illégales, généralement non documentées, la mémoire orale peut-être une source intéressante pour l’histoire des sols. Bien que les témoignages recueillis par les historiens dans le cadre de notre campagne à Woluwe-Saint-Lambert (on en parlait ici) n’aient pas livré énormément d’informations pour le site des Îles d’Or, un témoignage écrit du passé du quartier par le propriétaire de l’ancienne ferme Hof ter Cauwerschueren dans son livre « Judas, côté jardin » a été édifiant à de nombreux égards (notamment vis à vis des pratiques d’épandage d’herbicides et de feux de jardin).
Les visites de terrain peuvent également révéler des indices importants quant au passé des sols. Une partie des co-chercheur.euse.s d’ArchiSols s’est rendue sur le terrain le 26 février 2026, accompagnés d’une citoyenne guide-nature et d’un étudiant naturaliste, connaissant bien le site. Cette visite nous a notamment permis de nous rendre compte :
- Du caractère humide et impénétrable de la partie centrale du site, abritant une biodiversité remarquable ;
- De la présence de dépôts clandestins (principalement dans le talus du Roodebeek derrière le parking, et à proximité des jardins individuels au nord), faits de déchets tout-venant mais aussi de déchets verts ;
- Du réaménagement récent et de l’entretien public évident de la parcelle la plus à l’ouest, alors que celle-ci a longtemps abrité un parc de stockage à l’air libre de matériaux divers (métaux, meubles, etc.);
- Le vraisemblable apport de remblais sablonneux à l’est du site.





SUITE DE LA RECHERCHE
Dans le cadre de cette étude de site, on peut dorénavant considérer que l’étude historique préalable à l’étude de sol IQSB est finalisée. La carte de zonage historique en résultant est présentée ci-dessous :

L’identification de zones « homogènes » de sol est la première étape de l’étude IQSB. Les étapes à réaliser ensuite sont reprises ci-dessous (plus d’informations ici) :
- Le prélèvement des échantillons de sol et le relevé des observations de terrain;
- Les mesures sur le terrain et analyses en laboratoire des échantillons;
- Les calculs nécessaires à la détermination de l’indice IQSB.
- L’analyse des services écosystémiques potentiels sur le site.
Ce travail permettra à l’expert sol de déterminer l’état qualitatif des sols du site, et ainsi déduire les éventuels services écosystémiques fournis par les sols et les éventuelles menaces et dégâts qui l’affectent.
Nous espérons que cela pourra guider certaines décisions relatives à l’aménagement du parc, afin de préserver voire restaurer les sols, la biodiversité et le cycle hydrologique, tout en mettant en valeur le site patrimonial et en répondant aux besoins des habitants du quartier.
Pour ArchiSols, l’objectif est également de savoir dans quelle mesure la méthodologie IQSB peut être améliorée afin de tenir compte des aspects historiques du sol.


